Dans l'Oise, un arrêté préfectoral du 21 février 2017 impose de placer les ruches peuplées à plus de 10 m des propriétés voisines, 20 m des voies publiques et 100 m des établissements collectifs, et à 20, 30 ou 40 m d'une maison, d'une piscine ou d'un jardin voisin selon le nombre de ruches, sauf derrière une clôture pleine d'au moins 2 m [1]. Tout apiculteur doit aussi déclarer ses ruches chaque année, dès la première [3]. Les textes ne fixent pas de nombre maximal de ruches : c'est la distance qui compte.
Mon voisin a des ruches : est-ce dangereux ?
Dans la plupart des cas, non, à condition que les ruches soient à bonne distance. Une colonie installée défend ses rayons et pique beaucoup plus volontiers qu'un essaim de passage [9]. Ce sont surtout les ouvrières gardiennes, à l'entrée de la ruche, qui interviennent : leur réserve de venin est maximale vers l'âge de 15 jours, l'âge où elles prennent ce poste [10]. Et une piqûre en appelle souvent d'autres, car l'abeille qui pique émet une odeur d'alarme qui désigne la cible à ses sœurs [10].
C'est précisément pour cela que la loi fait fixer des distances entre les ruches et les voisins. Plus on s'éloigne de la ruche, plus on croise des butineuses occupées à leurs fleurs, qui ne défendent rien.

Les abeilles que vous voyez dans votre jardin ne sont d'ailleurs pas forcément celles du voisin. Le pollen est récolté en moyenne dans un rayon d'environ 800 m autour de la colonie, et les butineuses peuvent aller à plusieurs kilomètres [17].
Les distances à respecter dans l'Oise
Il n'existe pas de distance nationale. Le Code rural confie au préfet, après avis du conseil départemental, le soin de fixer la distance entre les ruches et les propriétés voisines ou la voie publique [2]. Le maire n'intervient qu'à défaut d'arrêté préfectoral [2]. Dans l'Oise, c'est l'arrêté du 21 février 2017 qui s'applique [1].
| Les ruches peuplées doivent être à plus de… | Distance |
|---|---|
| Établissements à caractère collectif | 100 m [1] |
| Voies publiques | 20 m [1] |
| Propriétés voisines | 10 m [1] |
| Propriété voisine avec maison, piscine, potager ou jardin d'agrément, moins de 10 ruches | 20 m [1] |
| Même cas, 10 à 50 ruches | 30 m [1] |
| Même cas, plus de 50 ruches | 40 m [1] |
Combien de ruches peut avoir un particulier ?
Les textes consultés ne fixent pas de nombre maximal de ruches pour un particulier. Le nombre joue seulement sur la distance à respecter vis-à-vis d'une maison, d'une piscine ou d'un jardin voisin : 20 m sous 10 ruches, 30 m de 10 à 50, 40 m au-delà [1].
Dans les faits, la plupart des apiculteurs amateurs de l'Oise ont quelques ruches. Lors de la campagne de déclaration 2025, 38 déclarants avaient une seule ruche et 230 en avaient de 2 à 5 [8]. Les 320 déclarants sans numéro SIRET, c'est-à-dire les amateurs, détenaient ensemble 1 767 ruches, soit un peu plus de 5 ruches en moyenne [8].
La déclaration des ruches, obligatoire dès la première
Tout apiculteur doit déclarer chaque année ses ruches, dès la première colonie, entre le 1er septembre et le 31 décembre [3]. Un débutant déclare dès l'installation de sa première ruche, à n'importe quel moment de l'année : hors de la période obligatoire, la déclaration se fait seulement en ligne et sert à obtenir son numéro d'apiculteur (NAPI) [3].
La déclaration se fait sur le site « Mes démarches » du ministère de l'Agriculture ou avec le formulaire Cerfa 13995*08. Une déclaration envoyée par courriel n'est pas prise en compte [3]. Ne pas déclarer ses ruches est passible d'une contravention de 4e classe, et peut priver d'indemnités si une destruction sanitaire est ordonnée [3].
Cette déclaration sert à localiser les ruchers, notamment pour les questions sanitaires. Demander à un voisin s'il a bien déclaré ses ruches n'a rien d'agressif : c'est une obligation que tout apiculteur connaît.
L'essaim du voisin s'est posé chez moi : à qui appartient-il ?
La règle tient en une phrase, l'article L211-9 du Code rural, en vigueur depuis le 21 septembre 2000 et héritée de la loi du 28 septembre 1791 [4] :
« Le propriétaire d'un essaim a le droit de le réclamer et de s'en ressaisir, tant qu'il n'a pas cessé de le suivre ; autrement l'essaim appartient au propriétaire du terrain sur lequel il s'est fixé. » [4]
Concrètement :
- Si votre voisin a vu partir son essaim et l'a suivi jusque chez vous, il garde le droit de le réclamer et de le reprendre [4].
- S'il ne l'a pas suivi, l'essaim appartient au propriétaire du terrain où il s'est fixé, c'est-à-dire à vous [4]. Vous pouvez alors le confier à l'apiculteur ou au cueilleur de votre choix.
Le texte ne précise pas ce que veut dire « fixé », et les commentateurs ne l'interprètent pas tous de la même façon [4]. Dans la pratique, le plus simple reste de prévenir le voisin s'il a des ruches : il sera souvent content de récupérer ses abeilles.

Un essaim repart en général de lui-même en un jour ou deux, parfois 3 à 5 jours [9] : lisez notre guide sur le temps que reste un essaim au même endroit et les bons gestes à adopter en attendant.
En deux minutes, indiquez la commune, la hauteur et l'emplacement : les apiculteurs inscrits sur le site près de chez vous reçoivent l'alerte, et vous voyez tout de suite les contacts les plus proches.
L'abeille est-elle une espèce protégée ?
Non, pas au sens du droit de la nature. Aucune abeille, aucun bourdon, aucune guêpe ne figure sur la liste nationale des insectes protégés, qui ne comprend que des libellules, des orthoptères, des coléoptères et des papillons [5]. En revanche, les variétés domestiques de l'abeille figurent sur la liste officielle des animaux domestiques [6]. L'abeille des ruches n'est donc pas une espèce sauvage protégée, mais un animal d'élevage.
Cela ne veut pas dire qu'il est sensé de détruire un essaim. C'est inutile et regrettable, pour quatre raisons :
- Il va partir seul : un essaim laissé tranquille repart en général en un jour ou deux [9].
- Il est peu défensif : sans rayons à protéger, un essaim est en général tolérant, même si certains (peut-être 1 sur 50) sont irritables [9].
- Un insecticide aggrave les choses : pulvérisé sur la grappe, il la disperse généralement et énerve les abeilles [9].
- Des bénévoles le récupèrent : L'Oise Apicole publie la liste de ses cueilleurs d'essaims, qui viennent le recueillir pour l'installer en ruche [14]. Les pompiers de l'Oise, eux, n'interviennent pas pour les abeilles et renvoient vers un apiculteur [15].
Le cas d'une colonie installée dans un mur est différent : la tuer sur place est déconseillé, car le miel coule, fermente, sent mauvais et attire d'autres nuisibles [9]. Voyez notre guide essaim dans un mur ou une cheminée.
Qui est responsable si les abeilles causent un dommage ?
Le Code civil pose une règle générale : le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert, est responsable du dommage que l'animal a causé, même s'il s'est égaré ou échappé [7]. L'abeille domestique étant un animal domestique [6], cette règle est le point de départ. Son application à un cas précis (une piqûre, un essaim échappé) dépend des circonstances et relève d'un juge : nous ne citons ici aucune décision.
Conflit avec un voisin apiculteur : les recours amiables
La plupart des désaccords se règlent en discutant, surtout quand on s'appuie sur le texte de l'arrêté plutôt que sur des impressions. Voici la marche à suivre.
- En parler simplement. Demandez combien de ruches il a, à quelle distance elles se trouvent et s'il les a déclarées. Évoquez ce qui vous gêne (allergie, piscine, passage des enfants).
- Vérifier les distances. Mesurez l'écart entre les ruches et votre limite, votre maison ou votre piscine, et comparez avec l'arrêté préfectoral publié par les services de l'État dans l'Oise [1].
- Proposer une solution concrète. Déplacer les ruches de quelques mètres, ou installer une palissade jointive, un mur ou une haie continue de 2 m : c'est l'aménagement que l'arrêté lui-même prévoit [1].
- Écrire. Si rien ne bouge, un courrier simple qui décrit le problème, puis si besoin une lettre recommandée avec accusé de réception, comme le conseille Service-public.fr pour les troubles de voisinage [16].
- Saisir un conciliateur de justice. C'est gratuit [12]. Pour un trouble anormal du voisinage, une tentative de règlement amiable est d'ailleurs obligatoire avant de saisir le tribunal, sauf exceptions ; sans elle, le juge n'examine pas la demande [12]. Le site des conciliateurs de France indique la permanence compétente [12].
- En dernier recours, le juge. Depuis la loi du 15 avril 2024, la responsabilité pour trouble anormal de voisinage figure dans le Code civil (article 1253) ; c'est au juge d'apprécier au cas par cas si une gêne dépasse les inconvénients normaux du voisinage [13].
À faire
À éviter
- Pulvériser un produit sur les ruches ou les abeilles du voisin.
- Invoquer une distance « nationale » de 20 m : elle n'existe pas.
- Entrer chez le voisin pour mesurer ou déplacer quoi que ce soit.
- Affirmer que l'abeille est une espèce protégée : ce n'est pas le cas [5].
Et si l'envie vous prend de passer de l'autre côté de la haie, notre page devenir apiculteur dans l'Oise explique comment se former et déclarer sa première ruche. Pour un essaim à faire récupérer, la carte des apiculteurs et cueilleurs de l'Oise reste le point de départ.
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation de la mairie pour avoir des ruches ?
Les abeilles du voisin viennent boire dans ma piscine : que faire ?
Les abeilles ont besoin de beaucoup d'eau : une colonie peut en consommer jusqu'à 100 litres par an dans les régions les plus chaudes [10]. La piscine fait partie des cas où l'arrêté de l'Oise impose 20 à 40 m entre les ruches et la propriété voisine [1]. Vérifiez la distance, puis proposez au voisin d'installer un point d'eau près de ses ruches.
Un essaim s'est posé chez moi et personne ne l'a suivi : puis-je le garder ?
Mon voisin peut-il venir chercher son essaim dans mon jardin ?
Le Code rural lui donne le droit de réclamer son essaim et de s'en ressaisir tant qu'il n'a pas cessé de le suivre [4]. Le texte ne détaille pas les modalités : le plus simple est de vous mettre d'accord avec lui sur le moment où il passe le récupérer.
Les ruches doivent-elles respecter une distance avec une route ?
Oui, dans l'Oise : plus de 20 m d'une voie publique, sauf si le rucher est entouré d'une clôture continue d'au moins 2 m de haut, débordant d'au moins 2 m de chaque côté [1].
Sources
- Règles d'implantation des ruchers, DDPP de l'Oise, mise à jour du 19/01/2023, et arrêté préfectoral du 21/02/2017 réglementant l'emplacement des ruches : www.oise.gouv.fr/Services-de-l-Etat/Direction-departementale-de-la-protection-de
- Code rural et de la pêche maritime, articles L211-6 à L211-8, Légifrance : www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071367/LEGISCTA00000616770
- Foire aux questions : déclaration de détention et d'emplacement de ruches, ministère de l'Agriculture, juin 2026 : agriculture.gouv.fr/telecharger/155699
- Code rural et de la pêche maritime, article L211-9, Légifrance : www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006583046
- Arrêté du 23 avril 2007 fixant les listes des insectes protégés sur l'ensemble du territoire, Légifrance : www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000465500/
- Arrêté du 11 août 2006 fixant la liste des espèces, races ou variétés d'animaux domestiques, AIDA (INERIS) : aida.ineris.fr/node/33201
- Code civil, article 1243 (responsabilité du fait des animaux), Légifrance : www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070721/LEGISCTA00003202148
- Statistiques des déclarations de ruches réalisées sur la campagne 2025, ministère de l'Agriculture : agriculture.gouv.fr/telecharger/142598
- Prevention and Treatment of Nuisance Honey Bees Around Your Home, Mississippi State University Extension, publication P3690 : extension.msstate.edu/publications/prevention-and-treatment-nuisance-honey-bees-
- Mallette pédagogique des ruchers-école, module 2 : biologie de l'abeille et comportement de la colonie, ITSAP-Institut de l'abeille, 2017 : mallette-pedagogique.itsap.asso.fr/wp-content/uploads/2017/12/PPT-Mallette-pedag
- Piqûres d'hyménoptères (abeilles, guêpes, frelons…), MSA Alsace, coll. MSA Santé pratique, janvier 2025 : ssa.msa.fr/wp-content/uploads/2025/03/brochure-hymenopteres-2025-V4-1.pdf
- Conciliateur de justice, Service-public.fr, vérifié le 01/09/2025 : www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1736
- Le trouble anormal du voisinage, Notaires de France : www.notaires.fr/fr/article/le-trouble-anormal-du-voisinage
- Cueilleurs d'essaims par cantons, L'Oise Apicole : www.oiseapicole.com/copie-de-cueilleurs-d-%C3%A9ssaim
- Insectes : guêpes, frelons, abeilles, SDIS de l'Oise (page modifiée le 21/04/2026) : www.sdis60.fr/insectes/
- Troubles de voisinage : bruits créés par des comportements anormaux, Service-public.fr, vérifié le 24/10/2025 : www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F612
- Foraging strategy of honeybee colonies in a temperate deciduous forest, P. K. Visscher, T. D. Seeley, Ecology 63(6):1790-1801, 1982 : doi.org/10.2307/1940121
Page vérifiée et mise à jour le 30 octobre 2026.
