Oui, le bourdon peut piquer, mais c'est rare : seules les femelles (la reine et les ouvrières) ont un dard, et elles ne s'en servent que si elles se sentent menacées [1] [3]. Les mâles n'ont pas de dard. Un nid de bourdons n'est pas un essaim d'abeilles : c'est une petite colonie de quelques dizaines à quelques centaines d'individus, qui s'éteint d'elle-même à la fin de la saison [4] [6]. Le plus simple est presque toujours de le laisser en place.
Le bourdon pique-t-il vraiment ?
Chez les bourdons, comme chez toutes les abeilles, le dard est réservé aux femelles. La reine et les ouvrières en ont un, les mâles n'en ont pas [2] [3]. Un bourdon mâle peut donc se poser sur vous ou vous tourner autour sans aucun risque.
Les femelles, elles, piquent rarement [1]. Elles ne le font que pour se défendre : quand on les saisit, qu'on les écrase ou qu'on dérange leur nid [2] [3]. Un bourdon qui butine une fleur ne s'intéresse pas à vous.
Une différence avec l'abeille mellifère : le dard du bourdon est lisse. Il ne reste pas planté dans la peau, et la femelle peut donc piquer plusieurs fois [2]. L'ouvrière de l'abeille mellifère, elle, a un dard crénelé qui reste pris dans notre peau avec le sac à venin, et elle en meurt [1].
Le bourdon est-il dangereux ?
Pour la grande majorité des gens, non. L'association britannique de protection des bourdons (Bumblebee Conservation Trust) les décrit comme des insectes qui ne sont pas agressifs et qui vaquent tranquillement à leurs occupations, de fleur en fleur [3]. Ses conseils tiennent en trois lignes : ne dérangez pas le nid, ne vous en approchez pas de trop près et évitez de souffler dessus [3].
En été, devant certains nids, vous verrez peut-être un petit nuage de bourdons qui tourne en rond. Ce n'est pas un essaim ni une attaque : ce sont des mâles qui attendent la sortie des jeunes reines pour s'accoupler. Ils n'ont pas de dard [3]. C'est fréquent avec le bourdon des arbres, qui aime les nichoirs et les avant-toits [3].
Le vrai risque concerne les personnes allergiques au venin d'hyménoptères : chez elles, une seule piqûre peut suffire à déclencher une réaction grave [1]. Si quelqu'un de la maison est dans ce cas, éloignez simplement les jeux, la table ou le chemin du passage des bourdons, le temps de la saison.
Bourdons, essaim ou guêpes : comment faire la différence
Trois situations se ressemblent vues de loin. Voici ce qui permet de trancher en quelques secondes, sans s'approcher.

Bourdons
- Gros insecte rond, très velu, souvent noir avec des bandes jaunes ou une pointe blanche ou rousse.
- Quelques allers-retours par minute vers un trou (sol, nichoir, mur, avant-toit).
- On ne voit pas le nid, caché dans une cavité.
- Présent plusieurs semaines au même endroit.

Essaim d'abeilles
- Une grappe de milliers d'abeilles serrées les unes contre les autres.
- Pendue à une branche, une haie, un volet, à découvert.
- Arrivée soudaine, souvent après un nuage d'abeilles en vol.
- Repart en général en quelques heures ou quelques jours.

Guêpes dans le sol
- Insectes fins, lisses, jaune vif et noir, taille marquée.
- Trafic intense et continu à l'entrée du trou.
- Nid en papier mâché, et non en cire.
Pour aller plus loin dans l'identification, consultez notre guide essaim de guêpes ou d'abeilles : les critères qui ne trompent pas. Et si vous voyez de petites abeilles solitaires qui creusent des trous dans la pelouse au printemps, c'est encore autre chose : lisez notre page sur les abeilles sauvages et solitaires.
Où se cache un nid de bourdons ?
Au printemps, les reines qui sortent d'hibernation inspectent toutes sortes de recoins avant de choisir un abri [3]. Selon les espèces, le nid peut se trouver :
- dans le sol : ancien terrier de rongeur, galerie de campagnol, dessous d'un abri de jardin ou d'une terrasse en bois [3] [6] ;
- au ras du sol : herbe épaisse non fauchée, tas de compost, mousse [3] [6] ;
- en hauteur : nichoir à oiseaux, arbre creux, avant-toit, fissure d'un mur en pierres sèches [3] [6] ;
- dans la maison : sous la toiture, dans les combles ou dans un mur creux [3], parfois sous une couche d'isolant [14].

À l'intérieur, rien à voir avec les grands rayons de cire d'une ruche. La reine bâtit une boule creuse de mousse, d'herbe ou de ce qu'elle trouve, en enduit les parois avec de la cire qu'elle produit elle-même, puis construit quelques cellules qu'elle remplit de pollen avant d'y pondre [4]. Un nid de bourdon des champs, à son maximum, mesure 8 à 12 cm de diamètre [4].
Une colonie qui ne dure qu'une saison
C'est l'argument le plus rassurant : un nid de bourdons est temporaire. Seule la reine passe l'hiver, et la colonie qu'elle fonde au printemps disparaît avant l'hiver suivant [4] [6].
- Mars à mai : la reine se réveille. Dès les premiers beaux jours, la reine sort de son abri d'hiver, reprend des forces sur les fleurs, puis cherche un endroit pour nicher [4]. En Picardie, les reines des espèces printanières apparaissent entre mars et mai selon les espèces et la météo [5].
- Printemps : les premières ouvrières. La reine élève seule ses premières larves. Il en sort de petites ouvrières qui prennent le relais pour agrandir le nid et nourrir les suivantes [4].
- Fin du printemps et été : mâles et futures reines. La colonie atteint son maximum, puis élève des mâles et de jeunes reines [4].
- Fin d'été ou automne : la fin du nid. La vieille reine, les ouvrières et les mâles meurent. Seules les jeunes reines fécondées survivent : elles vont hiverner ailleurs, souvent dans le sol, pour fonder chacune un nouveau nid au printemps [3] [4].
Dans la plupart des cas, une colonie ne vit que quelques mois et s'arrête à la fin de l'été. Quelques espèces font un second nid dans l'année, mais tous les nids sont vides à la fin de l'automne [3].
Un nid de bourdons n'est pas un essaim
Un essaim, c'est la façon dont une colonie d'abeilles mellifères se reproduit : la reine part avec environ la moitié des ouvrières pour fonder une nouvelle colonie ailleurs [9]. Les bourdons, eux, n'essaiment pas [3]. Le tableau ci-dessous résume ce qui les sépare.
| Nid de bourdons | Essaim d'abeilles mellifères | |
|---|---|---|
| Nombre d'insectes | Quelques dizaines à quelques centaines [4] [6] | Le plus souvent 10 000 à 20 000 [9] |
| Aspect | On voit seulement des allers-retours vers un trou | Grappe compacte, visible, pendue à un support |
| Durée | Quelques mois, jusqu'à la fin de l'été ou de l'automne [3] | En général un ou deux jours, parfois 3 à 5 jours [10] |
| Qui contacter | Personne : on le laisse finir sa saison | Un apiculteur ou un cueilleur d'essaims |
Si vous avez bien une grappe d'abeilles accrochée à une branche, suivez plutôt notre guide essaim d'abeilles : que faire tout de suite et découvrez combien de temps un essaim reste au même endroit. Les cueilleurs les plus proches de chez vous figurent sur la carte des apiculteurs de l'Oise.
La carte classe les apiculteurs, les cueilleurs d'essaims et les associations de l'Oise du plus proche au plus éloigné de votre commune.
Le nid vous gêne vraiment : que faire ?
Déplacer un nid de bourdons n'est pas l'affaire d'un apiculteur. Les cueilleurs d'essaims bénévoles de l'Oise, dont L'Oise Apicole publie la liste, viennent récupérer des essaims d'abeilles mellifères [12]. Une colonie de bourdons ne se met pas en ruche. Et il n'y a pas d'urgence : les pompiers de l'Oise n'interviennent pas pour les nids d'abeilles et renvoient vers un apiculteur ou la mairie [13].
Le Bumblebee Conservation Trust ne recommande pas de déplacer un nid. Pour les cas où le nid pose un vrai problème et ne peut pas finir sa saison sur place, il publie des conseils pour dévier l'entrée ou déplacer le nid soi-même, en insistant pour qu'on lise toutes les informations avant de toucher au nid [3]. Ses propres équipes ne déplacent pas de nids [3]. Une conseillère agricole de l'université d'État de Caroline du Nord, qui a dû déplacer en urgence un nid caché sous de l'isolant, rappelle que ce doit rester un dernier recours, sans garantie de réussite, de préférence la nuit (les bourdons ne volent pas dans le noir) et en s'attendant à des bourdons sur la défensive [14]. Si vous en êtes là, le plus raisonnable est de demander conseil à une association naturaliste plutôt que de vous lancer seul.
À faire
- Patienter : le nid sera vide au plus tard à la fin de l'automne [3].
- Signaler l'endroit aux enfants et déplacer, pour quelques semaines, ce qui se trouve juste devant l'entrée (jeux, chaise, étendoir).
- Tondre ou travailler un peu plus loin, sans boucher ni piétiner l'entrée.
- En automne, une fois le nid vide, boucher le trou si vous ne voulez pas d'un nouveau nid au même endroit l'année suivante [3].
À éviter
- Boucher l'entrée pendant la saison, avec les bourdons à l'intérieur.
- Déterrer, arroser ou secouer le nid.
- Appeler un apiculteur pour des bourdons : ce n'est pas son domaine.
- Souffler sur l'entrée ou s'y pencher de trop près [3].
Juridiquement, aucun bourdon ne figure sur la liste nationale des insectes protégés [11]. Mais il n'y a aucune bonne raison de détruire une colonie qui va s'éteindre d'elle-même et qui rend service au jardin.
Pourquoi les bourdons sont précieux au jardin
Les bourdons sont actifs dès le matin, volent même par mauvais temps et travaillent jusque tard le soir, ce qui en fait des pollinisateurs particulièrement importants [6]. Les espèces à longue trompe visitent des fleurs profondes que l'abeille mellifère ne butine pas [6]. Le bourdon terrestre est même élevé pour polliniser certaines cultures, comme la tomate [7]. Sur les cinq principaux pollinisateurs des cultures européennes, trois sont des bourdons [4].
Ils ne vont pas loin : leur rayon de vol se limite souvent à quelques centaines de mètres autour du nid [5]. Les fleurs de votre jardin comptent donc vraiment pour eux. Une floraison continue de mars à octobre les aide à mener leur colonie à terme [6].
Pour comparer avec une ruche, lisez notre page sur la vie d'une colonie d'abeilles mellifères, ou revenez à l'accueil d'essaim-oise.fr pour un vrai essaim.
Questions fréquentes
Les bourdons reviennent-ils dans le même nid l'année suivante ?
La colonie elle-même ne revient pas : elle meurt en fin de saison et seules les jeunes reines hivernent, ailleurs, souvent dans le sol [3] [4]. En revanche, une nouvelle reine peut choisir le même trou au printemps suivant. C'est pourquoi on conseille de boucher l'entrée en automne, une fois le nid vide, si l'endroit vous dérange [3].
Pourquoi voit-on de très gros bourdons dès le mois de mars ?
Les bourdons sont-ils protégés en France ?
Pas au niveau national : la liste des insectes protégés ne compte aucun bourdon ni aucune abeille [11]. Une présentation de Picardie Nature signale toutefois que certains bourdons sont protégés en Île-de-France, au titre d'une liste régionale [5]. Dans tous les cas, les nids n'ont pas besoin d'être détruits puisqu'ils disparaissent seuls.
Qu'est-ce qu'un bourdon « coucou » ?
Un nid de bourdons dans l'isolation ou sous le toit, est-ce grave ?
Sources
- Piqûres d'hyménoptères (abeilles, guêpes, frelons…), MSA Alsace, coll. MSA Santé pratique, janvier 2025 : ssa.msa.fr/wp-content/uploads/2025/03/brochure-hymenopteres-2025-V4-1.pdf
- Est-ce que les bourdons piquent ?, Futura-Sciences, 31 mai 2024 : www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/biodiversite-ce-bourdons-piqu
- Bumblebee nests: what to do if you find one, Bumblebee Conservation Trust, août 2023 : www.bumblebeeconservation.org/wp-content/uploads/2024/12/bumblebee-nests.pdf
- Les bourdons du Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, PNR des Marais du Cotentin et du Bessin et GRETIA : parc-cotentin-bessin.fr/sites/default/files/inline-files/Les%20bourdons_internet
- Lancement d'un atlas des bourdons dans la partie sud des Hauts-de-France, la Picardie, L. Plateaux, Picardie Nature, 2023 : picardie-nature.org/IMG/pdf/3_-_lancement_d_un_atlas_des_bourdons_dans_la_partie
- Favoriser les abeilles sauvages : assurer les rendements et la diversité des plantes, fiche technique n° 1258, FiBL (L. Pfiffner, A. Müller), 2023 : www.fibl.org/fileadmin/documents/shop/1258-abeilles-sauvages.pdf
- Abeilles sauvages de nos jardins, poster, N. J. Vereecken (ULB), Y. Barbier et C. Veeschkens (SPW-DEMNA), Service public de Wallonie : www.agroecologie-ulb.net/_files/ugd/ad087d_852425a53c094cb99781f54da826a310.pdf
- Mallette pédagogique des ruchers-école, module 2 : biologie de l'abeille et comportement de la colonie, ITSAP-Institut de l'abeille, 2017 : mallette-pedagogique.itsap.asso.fr/wp-content/uploads/2017/12/PPT-Mallette-pedag
- Swarming rate and timing of unmanaged honeybee colonies in a forest environment, B. Rutschmann et al., bioRxiv, 2024 (prépublication) : doi.org/10.1101/2024.09.07.611535
- Prevention and Treatment of Nuisance Honey Bees Around Your Home, Mississippi State University Extension, publication P3690 : extension.msstate.edu/publications/prevention-and-treatment-nuisance-honey-bees-
- Arrêté du 23 avril 2007 fixant les listes des insectes protégés sur l'ensemble du territoire, Légifrance : www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000465500/
- Cueilleurs d'essaims par cantons, L'Oise Apicole : www.oiseapicole.com/copie-de-cueilleurs-d-%C3%A9ssaim
- Insectes : guêpes, frelons, abeilles, SDIS de l'Oise (page modifiée le 21/04/2026) : www.sdis60.fr/insectes/
- Emergency bumble bee nest relocation, D. Roos, NC State Extension, 19 mai 2023 : growingsmallfarms.ces.ncsu.edu/2023/05/emergency-bumble-bee-nest-relocation
Page vérifiée et mise à jour le 30 octobre 2026.