Une abeille ouvrière vit environ 5 à 6 semaines en été et jusqu'à 6 mois en hiver ; la reine vit 3 à 5 ans [1] [3]. Une reine naît du même œuf qu'une ouvrière, mais sa larve reçoit beaucoup plus de gelée royale [1]. En pleine saison, elle pond jusqu'à 2 000 œufs par jour [1]. Les abeilles se nourrissent de nectar (sucres), de pollen (protéines) et d'eau, et font le miel en concentrant le nectar jusqu'à 16 à 18 % d'humidité [1].
La colonie : une reine, des milliers d'ouvrières et quelques mâles
L'abeille domestique, Apis mellifera, vit en colonie. Chaque colonie compte trois sortes d'abeilles, appelées castes, qui ont chacune un rôle précis [1].
| Ouvrière | Reine | Mâle (faux-bourdon) | |
|---|---|---|---|
| Taille | 11 à 13 mm | 15 à 20 mm | 15 à 16 mm |
| De l'œuf à l'adulte | 21 jours | 16 jours | 24 jours |
| Durée de vie | 5 à 6 semaines en saison, jusqu'à 6 mois en hiver | 3 à 5 ans | environ 2 mois |
| Dard | oui, crocheté | aiguillon lisse, plus utilisé une fois la ponte commencée | non |
| Rôle | tout le travail de la ruche | pondre | féconder une jeune reine |
Sources du tableau : ITSAP [1], INRAE [2] et OPIE [3].
Toutes les ouvrières d'une colonie sont des sœurs ou des demi-sœurs, car la reine a été fécondée par plusieurs mâles [1]. Ce sont des femelles dont l'appareil reproducteur n'est pas complètement développé [1].
Combien de temps vit une abeille ?
Tout dépend de qui l'on parle et de la saison.
- L'ouvrière d'été vit en moyenne 5 à 6 semaines [3]. INRAE donne 6 semaines à 2 mois [2].
- L'ouvrière d'hiver vit 5 à 6 mois [3]. C'est elle qui fait passer l'hiver à la colonie : quand la température tombe durablement sous 13 °C, les abeilles se serrent en grappe et maintiennent, en faisant vibrer leurs muscles, au moins 13 °C au centre de la grappe [1].
- La reine vit 3 à 5 ans selon l'OPIE [3], 3 à 4 ans selon INRAE [2]. L'ITSAP note qu'en principe elle vit 5 ans, mais que cette durée tend à baisser à 2 ou 3 ans en France [1].
- Le mâle vit environ deux mois si le temps est favorable [1]. Il meurt s'il s'accouple ; sinon, il est chassé par les ouvrières à l'automne ou lors d'un mauvais temps prolongé [1] [3].
Les métiers successifs de l'ouvrière
Une ouvrière change de métier au fil de sa vie, à peu près à jours fixes [1] :
- Jours 1 à 3 : nettoyeuse. Elle reste près du couvain et nettoie les cellules et les abeilles qui naissent.
- Jours 3 à 6 : nourrice. Elle prépare un mélange de nectar et de pollen pour les larves ; ses glandes sécrètent aussi la gelée royale, destinée aux jeunes larves et à la reine.
- Jours 6 à 14 : bâtisseuse. Des glandes de son abdomen produisent la cire, avec laquelle elle construit de nouvelles alvéoles.
- Jours 14 à 20 : réceptionneuse, ventileuse, gardienne. Elle reçoit ce que rapportent les butineuses, ventile la ruche, nettoie. Sa réserve de venin est au maximum à partir de 15 jours : elle peut alors garder l'entrée.
- À partir du 20e jour environ : butineuse. Elle sort chercher pollen, eau, propolis, nectar et miellat.
De l'œuf à l'abeille : 16, 21 et 24 jours
Les trois castes ne mettent pas le même temps à se développer : 16 jours pour une reine, 21 pour une ouvrière, 24 pour un mâle [1].
Pour une ouvrière, l'œuf reste œuf trois jours. Il devient ensuite une larve, qui baigne dans la gelée royale pendant trois jours, puis qui est nourrie d'un mélange de nectar et de pollen. Entre le 10e et le 11e jour, elle devient nymphe et les ouvrières ferment sa cellule par un couvercle de cire. La jeune abeille sort au 21e jour, aidée par les nourrices [1].
Les cellules de mâles sont plus grandes que celles des ouvrières, et la cellule d'une reine est encore plus volumineuse [1].
Comment une abeille devient-elle reine ?
C'est l'un des faits les plus étonnants de la ruche : une reine et une ouvrière naissent exactement du même œuf. La différence vient de la nourriture et du logement [1] :
- la larve destinée à devenir reine reçoit beaucoup plus de gelée royale les premiers jours de son développement ;
- elle grandit dans une cellule royale, une grosse alvéole qui pend à la verticale, ouverture vers le bas.

Les ouvrières élèvent de nouvelles reines au printemps, à partir du moment où les premiers mâles sont élevés. Elles préparent de deux à plus d'une dizaine de cellules royales [1], jusqu'à une vingtaine quand la colonie se prépare à essaimer [6]. En général, la première reine née élimine ses concurrentes [1].
Ce sont les phéromones de la reine en place, transmises de bouche à bouche entre les ouvrières, qui empêchent normalement la construction de cellules royales [1]. Quand ces signaux faiblissent (une reine de plus d'un an en produit moins) ou disparaissent, les ouvrières se mettent à élever une remplaçante à partir des œufs présents [6].
Le vol nuptial
Une fois seule, la jeune reine fait des vols de repérage à partir de son 6e jour, puis, un après-midi de beau temps, rejoint un lieu de rassemblement de mâles. Les mâles peuvent parcourir jusqu'à 7 km pour trouver ces lieux, la reine environ 3 km [1]. Elle revient fécondée par une quinzaine de mâles et conserve dans sa spermathèque entre 4 et 8 millions de spermatozoïdes [1]. Elle commence à pondre quelques jours plus tard et ne pourra plus jamais être fécondée [1].

Combien d'œufs pond une reine par jour ?
Jusqu'à 2 000 œufs par jour en pleine saison [1] [6]. C'est au printemps, quand l'élevage du couvain est à son maximum, que la reine atteint ce pic [6]. Sa vie se résume presque à cela : elle ne quitte la colonie que pour ses vols de fécondation ou pour partir avec un essaim [1].
Les œufs fécondés donnent des femelles (ouvrières ou reines) ; les œufs non fécondés donnent des mâles, qui ne portent donc que les gènes de leur mère [1].
La ponte suit les saisons. Elle repart à la fin de l'hiver à mesure que l'eau, le nectar et le pollen rentrent, diminue quand les jours raccourcissent et s'arrête complètement pendant l'hivernage [1].
Que mangent les abeilles ?
Les abeilles se nourrissent de trois ressources, toutes récoltées dehors par les butineuses [1] :
| Ressource | À quoi elle sert | Bon à savoir |
|---|---|---|
| Nectar et miellat | Les sucres, donc l'énergie de toute la colonie | Le miellat est le liquide sucré rejeté par des pucerons qui se nourrissent de la sève des plantes |
| Pollen | Les protéines et vitamines nécessaires aux larves et à la reine | Stocké près du couvain sous forme de « pain d'abeille » |
| Eau | Hydrater le corps (70 % du poids de l'abeille), digérer, rafraîchir la ruche | Jusqu'à 100 litres par an et par colonie dans les zones les plus chaudes |
Les larves reçoivent en plus de la gelée royale, sécrétée par les jeunes nourrices ; la reine en est nourrie elle aussi [1].
Le pollen est récolté en se frottant aux fleurs, puis brossé avec les pattes et collé en pelotes sur les pattes arrière. Ces pelotes peuvent peser la moitié du poids de la butineuse : c'est pourquoi le pollen vient en moyenne d'environ 800 mètres autour de la ruche [1]. L'eau, elle, est prise sur la rosée, les flaques, les mares ou même les piscines [1].
Comment les abeilles font-elles le miel ?
Le miel, c'est du nectar transformé et concentré. Le nectar frais contient jusqu'à 80 % d'eau [6] ; le miel fini n'en contient plus que 16 à 18 % environ [1]. Voici les étapes décrites par l'ITSAP [1] :
- La récolte. La butineuse aspire le nectar (ou le miellat) avec sa langue et le stocke dans son jabot, une poche de son tube digestif.
- Le passage de bouche en bouche. De retour à la ruche, le nectar passe d'abeille en abeille. À chaque échange, il s'enrichit en enzymes et en ferments lactiques. Cet échange s'appelle la trophallaxie.
- Le séchage. Le nectar est déposé dans les alvéoles. Les ventileuses battent des ailes pour faire évaporer une grande partie de son eau.
- La fermeture. Quand le miel est concentré à environ 16 à 18 % d'humidité, les abeilles ferment l'alvéole par une fine pellicule de cire : c'est l'operculation.

Le miel est la réserve de la colonie pour les périodes sans fleurs et pour l'hiver. L'apiculteur ne récolte que le surplus : en France, le rendement moyen a été de 15,2 kg de miel par ruche en 2024 (22,5 kg en 2023), pour une production nationale de 21 585 tonnes [7].
La cire et la propolis
La cire est fabriquée par les abeilles elles-mêmes : des glandes situées sous l'abdomen des jeunes ouvrières, entre le 6e et le 14e jour, la sécrètent [1]. Elle sert à construire les rayons et leurs alvéoles, où sont élevés les larves et stockés le miel et le pollen [1]. C'est la grande différence avec les guêpes et les frelons, qui fabriquent leur nid en papier mâché : notre guide pour distinguer un essaim d'abeilles d'un nid de guêpes vous aidera en cas de doute.
La propolis est une résine récoltée sur les bourgeons de certains arbres, notamment peupliers, conifères et châtaigniers [1]. Les abeilles s'en servent comme mastic pour boucher les fentes, pour réduire l'entrée de la ruche et comme désinfectant : elles en recouvrent même les intrus trop gros pour être sortis, comme une souris ou un frelon [1].
La danse frétillante : le langage des abeilles
Quand une butineuse a trouvé une bonne source de nourriture, elle l'indique aux autres par une danse en forme de 8, exécutée dans l'obscurité, à la verticale sur les rayons [1]. Au cours de cette danse, elle parcourt une course en frétillant de l'abdomen : la longueur de cette course frétillante indique la distance, et son angle indique la direction de la source par rapport au soleil [4].
Ce langage a été décodé par le biologiste autrichien Karl von Frisch, qui a partagé en 1973 le prix Nobel de physiologie ou médecine avec Konrad Lorenz et Nikolaas Tinbergen [5]. Son élève Martin Lindauer a ensuite découvert que la même danse sert, sur un essaim, à annoncer des emplacements de nid [4]. C'est ainsi qu'un essaim choisit son futur logis, comme nous l'expliquons dans notre page sur l'essaimage et la « démocratie des abeilles ».
L'abeille noire et les races élevées en France
Apis mellifera compte environ 25 sous-espèces, ou races géographiques, qui peuvent toutes se croiser entre elles [1]. Cinq sont surtout utilisées par les apiculteurs français [1] :
- L'abeille noire (Apis mellifera mellifera) est l'abeille d'origine de toute la France métropolitaine, avec des variantes locales que des conservatoires s'efforcent de préserver. On lui prête souvent, à tort selon l'ITSAP, un comportement plus défensif que les autres.
- La carniolienne (A. m. carnica), originaire des Alpes slovènes : réputée très douce, rustique, mais connue pour son caractère essaimeur.
- La caucasienne (A. m. caucasica) : douce, peu essaimeuse, avec une langue très longue (7 mm).
- L'italienne (A. m. ligustica) : abeille jaune, douce, la plus répandue dans le monde.
- La Buckfast : une abeille hybride sélectionnée au 20e siècle dans l'abbaye anglaise de Buckfast.
L'abeille à miel n'est qu'une espèce parmi beaucoup d'autres : on compte environ 983 espèces d'abeilles en France métropolitaine [8], et la très grande majorité vit seule [1]. Découvrez les abeilles sauvages et solitaires et le bourdon, qui vivent tout autrement.
Les abeilles dans l'Oise
L'Oise fait partie de l'aire du miel de tilleul de Picardie, reconnu en indication géographique protégée (IGP) en novembre 2025. Il s'agit d'un miel de tilleul à petites feuilles (Tilia cordata), produit sur environ 1 500 communes, surtout dans l'Aisne, l'Oise et la Somme ; en 2025, 23 apiculteurs en ont produit 55 tonnes [10]. Pour vérifier l'origine, le cahier des charges recherche dans le miel les pollens de châtaignier, de tilleul et de ronce [11].
Ces colonies essaiment chaque printemps, et c'est souvent un essaim posé dans un jardin qui fait découvrir les abeilles de près. Si cela vous arrive, suivez notre guide essaim d'abeilles : les bons gestes et trouvez un cueilleur d'essaims sur la carte des apiculteurs de l'Oise. Et si l'envie vous prend d'avoir vos propres ruches, lisez comment devenir apiculteur dans l'Oise.
La carte classe les apiculteurs, les cueilleurs d'essaims et les associations de l'Oise du plus proche au plus éloigné de votre commune.
Questions fréquentes
Une colonie peut-elle vivre sans reine ?
Pas longtemps. Sans reine, plus aucun œuf n'est pondu. Les ouvrières qui ne sentent plus sa présence tentent d'élever une nouvelle reine à partir d'œufs encore présents [6].
Que font les abeilles en hiver ?
Elles ne dorment pas. En dessous de 13 °C environ, elles se serrent en grappe et produisent de la chaleur en faisant vibrer leurs muscles, en puisant dans le miel stocké. La reine arrête de pondre [1].
Pourquoi les mâles sont-ils chassés de la ruche ?
Ils ne butinent pas et ne servent qu'à la reproduction. À l'automne, ou lors d'un mauvais temps prolongé, les ouvrières les chassent de la colonie [1].
Les abeilles voient-elles la nuit ?
Non, l'abeille ne voit pas dans l'obscurité. En revanche, elle perçoit les ultraviolets, invisibles pour nous, et sent les odeurs à plusieurs kilomètres grâce à ses antennes [1].
À quelle vitesse vole une abeille ?
Ses ailes peuvent battre 200 fois par seconde, et elle vole en moyenne à 25 km/h selon l'ITSAP [1].
Qu'est-ce que la gelée royale ?
Une sécrétion produite par des glandes des jeunes ouvrières nourrices, entre leur 3e et leur 6e jour environ. Elle nourrit toutes les jeunes larves, et en abondance celles qui deviendront reines, ainsi que la reine adulte [1].
Sources
- ITSAP-Institut de l'abeille, Mallette pédagogique, Module 2 : Biologie de l'abeille et comportement de la colonie, 2017 : mallette-pedagogique.itsap.asso.fr/wp-content/uploads/2017/12/PPT-Mallette-pedag
- INRAE, encyclopédie Hypp, « Caractéristiques de l'insecte » (abeille domestique) : ephytia.inrae.fr/fr/C/16157/Hypp-encyclopedie-en-protection-des-plantes-Caracter
- OPIE, « Quelle est la durée de la vie de l'abeille domestique et quelles sont ses différentes tâches ? », 2024 : insectes.org/faq/quelle-est-la-duree-de-la-vie-de-labeille-domestique-et-quelles
- T. D. Seeley, P. K. Visscher, K. M. Passino, « Group Decision Making in Honey Bee Swarms », American Scientist, 2006 : bees.ucr.edu/media/156/download
- The Nobel Prize in Physiology or Medicine 1973, NobelPrize.org : www.nobelprize.org/prizes/medicine/1973/summary/
- H. Tremblay, « Comprendre l'essaimage », MAPAQ (ministère de l'Agriculture du Québec), 2008 : www.agrireseau.net/apiculture/documents/comprendre%20l'essaimage.pdf
- FranceAgriMer, Fiche filière apiculture 2026 : www.franceagrimer.fr/sites/default/files/2026-02/01_FICHE_FILIERE_APICULTURE_202
- Ropars et al., liste des abeilles de France métropolitaine, Osmia 13, 2025 : orbi.umons.ac.be/bitstream/20.500.12907/52034/1/ropars-et-al-2025_liste-abeilles
- Ministère de l'Agriculture, statistiques des déclarations de ruches, campagne 2025 : agriculture.gouv.fr/telecharger/142598
- « Le miel de tilleul de Picardie rejoint les signes officiels de qualité », Réussir Apiculture, 2026 : www.reussir.fr/apiculture/le-miel-de-tilleul-de-picardie-rejoint-les-signes-offi
- INAO, cahier des charges de l'IGP Miel de tilleul de Picardie (PNO), 2024 : extranet.inao.gouv.fr/fichier/PNO-DU-MielTilleulPicardie-240930-modif-apparentes
Page vérifiée et mise à jour le 30 octobre 2026.
